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Une certaine expression de l’ennui

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De quoi remettre en cause l’idée qui voudrait qu’Internet soit une machine à supprimer les temps morts...

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« Si je t’écris maintenant, mon cher Ernest, ne mets pas cela sur le compte de l’amitié, mais plutôt sur celui de l’ennui... » – Gustave Flaubert à 17 ans, cité par Joëlle Menrath.

Le borecore, « ennui pur » ou ennui quintessentiel, c’est le nom qu’a donné une journaliste du New York Magazine à cette expression, surtout adolescente, de l’ennui sur Internet. Par le biais des médias sociaux pullulent en effet des instantanés de vie apparemment dénués d’intérêt — les instantanés, pas la vie, hein ; je ne dis pas que la vie de ces ados est totalement dénuée d’intérêt, mais qu’à cet instant là, une absence d’intérêt, un certain désœuvrement va s’exprimer en ligne, sur les réseaux ; et cette expression d’une absence d’intérêt existentiel est en elle-même intéressante à observer, tant elle est répandue chez les jeunes connectés, au point qu’un nom a donc été inventé pour la décrire : borecore.

Reprenant le concept inventé outre-Atlantique (c’est aussi et souvent ça, le journalisme), un article du magazine du Monde a bien cerné le phénomène me semble-t-il : « L’abondance du borecore, du rien produit et partagé dans l’indifférence générale est le problème d’une époque où on a presque toujours sous la main un téléphone doté d’une caméra, mais pas forcément un chaton qui joue du piano à filmer. »

Mais est-ce forcément un problème d’ailleurs ? Tout dépend de quel genre d’ennui on parle. Tout dépend si l’on parle de l’ennui propre au temps libre, de l’ennui au travail (il paraît d’ailleurs que le « bore-out », qu’on pourrait traduire par sousmenage, fait des dégâts bien pire que le « burn-out » ou surmenage, désormais), ou si l’on parle, mettons, de l’ennui à l’école. L’ennui, c’était précisément l’un des arguments avancés, par notre ministre de l’éducation nationale pour faire valoir la nécessité de sa réforme des collèges... C’était le 11 mars dernier sur Europe 1 :

On lui a suffisamment reproché ce propos par la suite ce propos, notamment Régis Debray d’une formule-choc, une sorte de tweet oral manifestement préparé, sur France Inter, le 27 avril dernier :


« La civilisation, ce n’est pas le Nutella, c’est l’effort ». Najat Vallaud-Belkacem a finalement précisé sa pensée, mardi dernier, toujours sur Inter, je la cite : « Bien entendu que l’apprentissage au collège demande une part d’effort. Ce que j’entends pas ennui, c’est la passivité ». Voilà, je comprends : il faudrait donc lutter contre la passivité des collégiens, laquelle passivité conduit à l’ennui qui conduit au refus de l’effort. Il faudrait donc les rendre plus actifs, faire en sorte que les enseignements qui leur sont dispensés les impliquent davantage.

L’ennui n’est pas la passivité

Or que ce que montre le phénomène du borecore justement, c’est qu’ennui et passivité ne sont pas du tout synonymes ! Dans le borecore, l’ennui s’exprime comme tel, comme ennui, mais de manière tout à fait active. Et la force des outils numériques réside justement dans cette possibilité de témoigner de son ennui sans s’en détourner pour autant. Quant à savoir ce que dit ce refus de se détourner de l’ennui, cette apparente jouissance de l’ennui, je ne sais pas... Peut-être qu’il y a là l’expression d’une sorte d’inquiétude sociale fondamentale contre laquelle l’école seule ne peut rien [1].

En attendant, l’ennui profite surtout aux industries médiatiques, et notamment aux entreprises du numériques qui le captent et le transforment en revenus publicitaires. C’est-à-dire que la lutte contre l’ennui a été en grande partie assimilé par le capitalisme. Et que l’ennui du collégien pointé du doigt par la ministre n’est peut-être finalement que la préfiguration de l’anxiété du travailleur. Mais ne noircissons pas le tableau, car l’ennui peut aussi être bénéfique, terreau fertile de toutes les fulgurances, et les tentatives pour tromper l’ennui qui ont l’air de pertes de temps à première vue, comme le fait de procrastiner sur le Web en oubliant de faire ses devoirs par exemple, tout à fait créatrices !

Aux Etats-Unis, me signalait Thomas Baumgartner, l’université de Pennsylvanie propose ainsi depuis la rentrée un cours intitulé « Perdre son temps sur Internet » où il s’agit précisément d’apprendre à accoucher d’une œuvre en cultivant une certaine activité de la distraction sur les réseaux, afin « d’arracher un objet artistique de cet état de distraction créé par le fait de parler au téléphone tout en surfant sur le Web, ou de regarder une vidéo tout en discutant », explique Kenneth Goldsmith [2] en citant le fameux slogan situationniste « Vivre sans temps mort ».

Reste que si divaguer sur Internet peut-être un bon moyen de provoquer la sérendipité voire de se rapprocher de cet état de flottement propice à la création, être dissipé ou procrastiner ne sont pas forcément des conséquences de l’ennui… Quant à ceux qui perdent leur temps à tromper leur ennui, peut-on encore dire qu’ils s’ennuient ?

Archives de « Place de la Toile » sur le sujet :
« La vie écrite des ados » (05/04/2014)
« Vie intérieure des individus connectés » (06/07/2013)

[1Lire Gilles Balbastre, « C’est toujours la faute à l’école… », Le Monde diplomatique, juin 2015.

[2Que l’on connaît surtout pour son cabinet de curiosités en ligne : UbuWeb.

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